Bars cachés : en 2023, plus de 150 speakeasies étaient recensés en France, soit +18 % par rapport à 2021. La tendance grimpe aussi vite qu’un shot de mezcal. Et si, ce soir, vous poussiez une porte dérobée pour siroter un Old Fashioned face à une fresque Art déco ? Accrochez-vous, on lève le rideau sur ces repaires secrets où l’humour flirte avec l’histoire.

Flash-back sur la prohibition : quand le secret devient sexy

1920, États-Unis. Le 18ᵉ amendement plonge le pays dans la Prohibition (jusqu’en 1933). À New York, Al Capone empoche 60 millions de dollars par an grâce à ses caves illégales. Aujourd’hui, ce passé sulfureux nourrit une esthétique : banquettes en velours, lumière tamisée et portes camouflées.
Mais la nostalgie ne suffit pas. Selon l’étude NielsenIQ 2024, 72 % des millennials préfèrent « l’expérience » au simple verre. Résultat : les bars cachés ont muté en véritables scènes culturelles où mixologie, DJ sets et expos temporaires se côtoient. Un clin d’œil à nos articles sur les lieux éphémères ou les galeries hors des sentiers battus.

Qu’est-ce qu’un bar caché aujourd’hui ?

Un bar caché (ou speakeasy revisité) est un établissement volontairement dissimulé : entrée derrière un distributeur de sodas, code à donner au vigile, rideau noir tout au fond d’une pizzeria.
Trois critères le distinguent :

  • Accès crypté (mot de passe, réservation secrète, QR code).
  • Décor immersif, souvent rétro, parfois futuriste.
  • Carte pointue : cocktails d’auteur, spiritueux rares, parfois menu degust’ à thème.

Pourquoi ça cartonne ? D’un côté, le public recherche une parenthèse anti-Instagram ; de l’autre, les propriétaires réduisent la communication mainstream et misent sur le buzz organique. Effet FOMO garanti.

Petit lexique express

  • Backroom : salle dissimulée derrière une façade « sage ».
  • Hidden bar : variante plus internationale.
  • Dry bar : clin d’œil aux bars sans alcool (tendance 0.0 % qui a bondi de 30 % en 2023).

Trois speakeasies qui décoiffent en 2024

1. Lavomatic, Paris 10ᵉ

Derrière trois machines à laver, un escalier étroit. 45 places, tables en formica et cocktails jouant la carte du « savon framboise ». Ouvert depuis 2015, le lieu ne désemplit pas : 85 % de taux de remplissage moyen (chiffre interne 2023). On adore la bataille de polochons mensuelle – oui, vous avez bien lu.

2. El Copitas, Saint-Pétersbourg

Classé 19ᵉ au World’s 50 Best Bars 2023, il accueille les clients… dans une cave sans enseigne. Capacité : 25 sièges. Réservation obligatoire par WhatsApp, 24 h à l’avance. Sur la carte : tequila + pickle de pastèque, clin d’œil aux pickles russes. Insolite et pointu à la fois.

3. Please Don’t Tell, New York

Entrée par une cabine téléphonique chez Crif Dogs, East Village. Inauguré en 2007, il a relancé la mode. 2 000 hot-dogs vendus chaque semaine côté fast-food ; 400 cocktails shaken côté backroom. Le graffiti de Keith Haring au mur rappelle que le street-art fut aussi clandestin.

Petit détour : si vous aimez ces lieux hors norme, notre rubrique sur les rooftops secrets devrait vous plaire.

Organiser sa soirée clandestine : nos astuces à la loupe

Vous préparez un anniversaire, un shooting ou un lancement de start-up ? Voici un kit express, testé et approuvé.

  • Choisissez votre ambiance : rétro 20’s, cyberpunk ou tropical kitsch.
  • Vérifiez la capacité légale (respect du décret ERP 2022).
  • Négociez un menu signature (minimum 3 cocktails, 1 mocktail).
  • Pensez à la bande-son : jazz manouche, électro swing, voire stand-up comedy.
  • Prévenez les voisins : un mot discret évite l’effet police à 23 h.

Réponse rapide : comment privatiser un bar caché ?

  1. Faites une demande via Instagram DM (70 % des réservations en 2023).
  2. Signez un devis incluant caution bruit (300 € en moyenne sur Paris).
  3. Créez un mot de passe personnalisé pour vos invités : ludique et utile au contrôle.

D’un côté le mystère, de l’autre la conformité

Certains puristes regrettent la « commercialisation » du secret. Ils pointent des prix qui flambent (+12 % en deux ans selon Statista). Pourtant, les normes ERP imposent extincteurs, issues de secours et accessibilité PMR. Le charme ne doit pas écraser la sécurité.
À vous de savoir si l’adrénaline du « tout est permis » vaut 17 € le cocktail. Perso, je paie le supplément pour l’histoire contée à chaque gorgée.

Envie d’aller plus loin ?

Fermez les yeux. Imaginez le déclic du judas qui s’ouvre, les effluves de noix de muscade et le swing d’Ella Fitzgerald en fond. Puis rouvrez-les et attrapez votre agenda : le secret n’attend pas. La semaine prochaine, je pars traquer un espace de coworking créatif caché dans une serre tropicale. On s’y retrouve ?